Le bal des roses

Je les croyais flétries, je les croyais fanées.
Leurs pétales fuyants dans le vent glacé.
Corolles froissées, étamines frippées.
Je les croyais flétries, je le croyais fanées.
Mais voila qu'hier soir, j'entend du bruit
dans le jardin autour de minuit.
Un air de jazz aguiche mon ouie
Je m'approche sans faire de bruit.
J'écarte les branches du sapin resté vert,
cherchant à percer ce drôle de mystêre.
Quand tout à coup sort du cyprés austère,
Et toute drapée d'éclatante lumière,
une Rose.
J'en étais tout ébahi, oeil et bouche béants
quand la Sublime me dit en minaudant
Bonsoir voisin, bienvenu sous le firmament
c'est soir de bal, allons danser maintenant.
Encore sonné, lui prenant la tige, enfin le bras,
nous avons dansé, valsé, plus de cent fois.
Il y avait là des roses, des jacynthes et des dahlias.
Toutes les fleurs du jardin, et même d'autres je crois
Lorsqu'enfin l'aube a pointé son nez glacé,
ma cavalière, sur mon épaule m'a raconté.
Nous fétons tu vois, tous les ans la fin de l'été;
nous les fleurs, un dernier bal avant de faner.
Une perle de rosée a brillé dans son regard
le vent sournois l'a emportée un peu plu tard
Depuis je guette à la fenêtre tous les soirs
Qu'éclose un bouton , que revienne l'espoir.