Etain

Nous voilà samedi matin,
Cœurs à corps, mots sibyllins.
Nous voilà statues d’airain,
Ton émoi frôle le mien.
Nous voilà draps de satin,
L’amour trace son chemin.
Nous voilà comme deux vauriens,
A jouer à quatre mains.
Nous voilà doux clandestins,
Frissons d’une courbe d’un sein.
Nous voilà chryséléphantins,
Dans la vague qui va qui vient.
Nous voilà senteur jasmin,
Emportés vers le divin.
Nous voilà extase carmin,
Lumière, épure au fusain.
Nous voilà instant salin,
Echoués dans l’Etre bien.
Nous voilà calmés soudain,
Ton S s’adapte au mien.
Nous voilà retrouvés enfin,
Noces d’amour, noces d’étain.