Le voyageur
Bientôt mon tour!
Cette idée tourne en boucle dans mon esprit.
Voilà quelques temps que le voyage a débuté.
Nous étions bien tranquilles, collés les uns aux autres,
quand soudain une vive secousse s'est fait ressentir puis,
le mouvement lent et inexorable à commencé.
Je sens mon corps s'enfoncer lentement, glisser vers le fond,
vers le passage dont tout le monde parle sans vraiment savoir de quoi il s'agit.
Certains de mes frères sont surement déjà passés.
Ce qui m'attends en bas, je n'en sais rien...
Il court à ce sujet de drôles de bruits.
Certains disent que de l'autre coté c'est le noir et l'oubli,
d'autres qu'une fois traversé on ne sent plus rien, que le temps se fige pour toujours,
les plus illuminés soutiennent que le passage nous transforme pour toujours en lumière
ou bien en poussière...
Ce qui m'attend en bas, je n'en sais rien...
Mais voilà que je commence à glisser doucement...Ne poussez pas, ne poussez pas...
En voila un qui croit à la lumière et qui est pressé d'arriver en bas...
Un autre, terrorisé, tente de se frayer un chemin vers le haut, loin du goulot étroit du "passage".
Le coeur serré, l'esprit tendu comme un arc, j'attends, il ne sert à rien de résister.
Quand bien même je parviendrais à remonter, je serais le dernier à passer mais je glisserais quand même,
les parois sont si lisses, rien pour s'accrocher, rien pour espérer ralentir ma chute...
Voila le passage, je le vois qui aspire déjà les autres, comme un étroit vortex.
Un par un ils disparaissent sans un bruit, poussés par le poids de ceux qui sont au dessus...
Le voilà, voila le trou, mon Dieu non! c'est mon tour, mon Di...
...............Noir............................Chute............
..........Chute..........................................Lumière..................................
........................Mes frêres..................................
............vous êtes tous là...............rien n'a changé......................
..........pourtant, pendant ma chute,.....un instant............j'ai cru...............
j'ai cru que le temps s'arrétait...........j'ai cru que le temps avait cessé d'être..........
.........Mais non, tout ceci n'a servi à rien, toute cette agitation n'était donc que du temps perdu.
Moi, grain de sable parmi tant d'autres, parcelle d'infini, condamné à tomber encore et encore,
prisonnier de ces parois de verre.
Moi si petit, si insignifiant, condamné à jamais,
condamné à mesurer le temps pour l'éternité.
...Mon Dieu, la secousse à nouveau...