Extase Ô céans

Vague qui s'élance et s'élance encore.
Corps à core impétueux, tumultueux, tempétueux de la mer à la terre, élémentaire extase.
Dans le flot de passion, tu vas, tu viens, féminins frissons au creux liquides et abyssins.
Sur la proue rugueuse d'un phare éclaboussé de lumière, tu presses ton besoin, accueillir en ton sein la vie brulante et babillante.
De la terre à l'âme mère, il frole ta tendre crète écumeuse, approchant enfin les secrets de ton être.
Vos deux essences s'infiltrent, symbiosent et s'insinuent jusqu'à l'oubli du je, réinventent la primitive addition, un plus un égal trois.
S'ouvre enfin la brèche tant espérée ou l'âme marine se frotte au léviathan, explose en vagues douloureuses, se perds et renait indéfiniement.
Sous le drap étoilée d'une nuit complice, la mer et le phare s'apaisent enfin, laissant en chacun l'empreinte indélébile d'un instant d'amour.
D'intimes embruns viennent lui dire d'un baiser, c'est toi je te reconnais...