La crise ( ou : Panique chez les vaches à lait.)

Publié le par Lougris








Il y a quelques temps, au tout début de la crise,

avant que les rassurants discours de nos politiques

ne viennent tarir le torrent fougueux de nos craintes,
pris par l'angoisse bovine et collective,
j'ai voulu récuperer à la banque mes économies,
afin de les mettre nà l'abri au fond du jardin,
dans un pot vide de nutttela...


Asseyez vous confortablement et soyez attentifs, voici le récit de mon périple pécunier...





....


Devant la crise cosmique et financière (ou le contraire...) que traversent nos étatiques usuriers,
malgré mon sang froid et ma légendaire sérénité, je me suis moi aussi laissé gagner par la terreur !!


Oui, je l'avoue, j'ai eu peur que mes quelques deniers durement économisés
et confiés avec confiance( tiens c'est pas la même racine ces deux mots ??!! lol !!!) à monsieur Bankpop',
 ne finissent dilués dans le magma insondable des faillites boursières avec lesquelles,
d'ailleurs, je n'ai strictement rien à voir, étant donné que les seules actions que je connaisse ce sont les bonnes !!


Je suis donc allé récupérer mes économies chez l'usurier spéculateur, enfin je veux dire :  le banquier.

Me voila parti, cahin, caha, avec mos sac sous le bras.

Oh, pas un gros sac non point, juste une petite sacoche à zip (zip n'est pas un pote à moi

mais bien le système de fermeture de la sacoche !! Remarquez que zip pourrait être le nom

de l'inventeur du système, auquel cas, il aurait pu être un pote....)

 

 

Il y avait beaucoup de monde et la file d'attente s'étirait au long du trottoir ( j'ai même cru reconnaitre un ou deux d'entre vous dedans !!!)

Certains, par endroit se battaient avec férocité pour gagner une place ou deux dans la file,

laissant parfois un adversaire au sol, ce qui permettait à tout le monde d'avancer plus rapidement.

 

Au loin, la police observait les rixes sporadiques avec flegme, n'intervenant pas afin de ne pas être prise à partie.

Après avoir enjambé plusieurs personnes inconscientes ou moribondes et avoir évité

de justesse moult flaques de sang en partie coagulées, me voici enfin devant un guichet de l'agonisante banque.

 

 

Un caissier, les doigts en sang, et couverts d'encre fraiche à force d'avoir compté des billets neufs toute la journée,
me jette un regard mauvais et dénué d'humanité.

Sans perdre mon sang froid, je lui tends ma sacoche en épelant mon nom à voix basse.


- "Il ne me reste que des grosses coupures", me crache-t-il d'une voix rendue rauque
par la longue journée de labeur et l'usage de substances hallucinogènes sensées l'aider à rester éveillé.


J'acquiesce d'un bref mouvement de tête, pressé d'en finir et de récuperer mon précieux pécule.

Je vois la machine à billet se mettre en route dans un crachottement tuberculeux et expulser
quelques coupures violettes à l'acre odeur de toner.

Mon caissier recompte méticuleusement les billets, laissant sur ces derniers de larges traces
sanguinolentes avant d'enfourner mon bien dans la sacoche.


Sans aucun respect pour mon argent ou moi même, il me jette violement au visage la sacoche
maintenant épaisse comme un manequin anorexique de chez Ovin-fashionpsy.pla/
( la cherchez pas celle la, même si vous pensez être la plus taupe des top model,
cause que je viens de l'inventer pour les besoins de l'histoire!! bon,  si je reçois tout de même
beaucoup de demandes, je la créerais peut être cette agence, puis je me recyclerai en agent pour mannequins !!!)
( tiens d'ailleurs c'est marrant ça que l'on appelle les mannequins "les mannequins" vous trouvez pas ???
 moi si  et je me demande qui tire les ficelles dans tout ça !! lol !!)


Mais je m'écarte du sujet et le temps passe !!



Serrant fermement la dite sacoche contre ma poitrine, je me hate de sortir, bousculant au passage
quelques jeunes loubards en attente d'une victime facile qui tenterait de
sortir de la banque avec une malle bien pourvue.


Je ne sais si c'est mon regard sans appel ou la faible empleur de ma sacoche qui me sauve,
mais aucun de ces vautours ne semble s'interesser à moi.

J'en profite pour m'éloigner de la place financière et rejoindre le cordon de
policier pensant être ainsi définitivement tranquille.


Grossière erreur, car je me rends rapidement compte, que les hommes en bleu
jettent des regards concupiscents sur mon maigre butin...


Surpris, je reste figé, ne sachant quoi faire, alors que trois d'entre eux se dirigent rapidement vers moi,
faisant crépiter joyeusement leurs matraques électriques.


Passant en revue le peu d'opportunités s'offrant à moi à ce moment la, je constate qu'il n'en existe que deux :
 partir en courant avec la sacoche ou partir en courant sans la sacoche, la seconde
étant la seule qui me laisse une chance de m'en sortir sans finir électrocuté sauvagement et encore...


Ne sachant pour laquelle opter, je restais figé de peur lorsque soudain, les trois "hommes de loi",
 sans un mot, changent de cap et partent en courant dans la direction opposée,
me laissant tremblant mais sain et sauf au milieu de la rue.


Lorsque je les vois encercler une vieille dame sortant de la banque en poussant un chariot rempli
de sacs poubelles ventripotants, je comprends pourquoi je viens d'échapper au pire.


Sans demander mon reste je prends mes jambes à mon cou et quitte le quartier au moment ou
la vieille dame fonce avec son chariot au milieu des policiers en criant "

VOUS N'AUREZ PAS MES SOUUUUUUUUUUUUUSS".


Je tourne déjà au coin de la rue lorsqu'elle s'effondre dans le crépitement des matraques.


Tout suant, je finis par arriver chez moi, mon sac sous le bras, avec la ferme conviction d'avoir éviter le pire.

Après avoir barricadé les portes et les fenêtres, je m'appretais à patienter jusqu'à la nuit.

En effet, je voulais attendre la nuit noire pour aller creuser le plus silencieusement possible
un trou au fond du jardin et y enterrer ma sacoche si convoitée.


Trois heures du matin, après avoir enfin dissimulé mon précieux bien dans un trou creusé
à la cuillère à soupe pour ne pas faire de bruit, je me renferme à nouveau chez moi,
harrassé par toutes ces péripéties, mais satisfait d'avoir mis à l'abri mon argent !!!


je tente d'allumer mon écran plasma afin d'avoir des nouvelles de la crise.

La plupart des chaines ne délivrent qu'une neige grise et ininterrompue.
je finis pourtant par capter faiblement un journal télévisé.


Le présentateur, que je ne reconnais pas, semble en proie à la panique lorsqu'il annonce
que le système bancaire mondial vient de disparaitre et que par conséquent,
la monnaie papier n'a plus aucune valeur et qu'il est inutile et même dangereux d'aller récuperer son argent...

Des détonations se font entendre dans le studio puis l'image disparait sous la neige grise,
ne laissant qu'un crépitement sans fin dans les hauts parleurs du téléviseur.



Soudain, dans le lointain, j'entend un riff de guitare incisif et lancinant, que je n'arrive pas à reconnaitre.


J'ouvre un oeil avec la sensation d'avoir dormi dans le tambour d'une machine à laver
géante bloquée sur le programme essorage.


J'ouvre l'autre oeil et constate que le réveil indique midi.
 
La chanson se termine, couverte par la voix enjouée d'un animateur radio qui me dit que
wall street va bien et que le plan de sauvetage des toutes puissantes banque est un succés
qui ne me coutera que 200 euros par mois pendant dix années.

Ensuite, la voix souriante de "cerise" me dit de prendre une assurance vie,
puis c'est "alice" qui m'incite à prendre un abonnement internet pour la rencontrer,
puis johnny qui me dit de porter des lunettes, puis reenault, faurd, pejot, citrohein, maircedez,
bmv qui postent leurs messages subliminaux destinés à me donner le besoin irrepressible d'acheter
leurs voitures pour me sentir enfin quelqu'un d'important et de qualité.


*Petit à petit, je sors complètement du sommeil, réalisant que tout ça n'était qu'un cauchemar
et que mes sous sont bien à l'abri chez Bankpop'...


je pose un pied par terre, bien décidé à souscrire un crédit afin d'acheter enfin une Totoya avansix 3,2l turbo D8D, 
vitesse de pointe 245 km/h , 4 roues motrices, necessaire pour parcourir les 5 kilometres de rocade
limitées à 90 km/h qui me séparent de mon travail lorsque cela me revient...



je me rapelle, le morceau de musique c'était PINK FLOYD et le titre............



......MONEY.!!!




Bonne soirée et merci de m'avoir lu jusqu'au bout.






 

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Publié dans Textes

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Commenter cet article
M
non ! pas de panique chez les vaches à lait<br /> sans elles ,<br /> plus de poésie<br /> car une vache est tout..<br /> sauf ce que l'on veut bien lui préter<br /> et moi !!!<br /> oh moi j'aime bien regarder passer les trains bondés de gens bien nourris au lait de vaches ..hihihihi<br /> et puis...<br /> et puis comme il faut de tout moinde dans ce monde de vaches <br /> je vote pour toutes les vaches... et pour me faire entendre je mets un grelot ou sonnaille a leur gentil cou musclé ...rires
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L
<br /> la vache !!!<br /> :) :) :) :)<br /> <br /> vive les trains, les vaches et les cloches pendues !!!<br />  et tac !!<br /> <br /> <br />
M
Dis t'es à l'ouest toi ce matin hier c'était moi alors te pardonne lol tu viens de me souhaiter une bonne soirée je comprends on est des fois décallé et on prend le jour pour la nuit çà m'arrive çà n'empèche qu'on reste conscient des choses graves et d'un monde qui tourne décidément pas rond c'est çà qu'elles pensent ces vachent je sais lire dans les regards et expressions du règne animal... végétal, minéral, astral aussi :)<br /> Bisous Didier et bonne nuit lol ;) A+<br /> Mona
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L
<br /> lol !!<br /> <br /> <br />
V
BRAVOOOOOOOOO !!!!
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