La valse
En suspension dans l'air, cette idée fulgurante,
S'enroule et s'ensyllabe comme spirale vivante.
Elle vient, elle va, dans le ressac des pensées,
Telle la vase, dépose sa lie a la fin de la marée.
La vie n'est rien, rien d'autre qu'une illusion,
Un rêve sorti tout droit d'une boite en carton.
L'angoisse alors questionne : suis-je le rêveur?
Ou bien simplement le rêve à l'intérieur?
L'eau ou le vase? la fleur ou le pinceau ?
La main ou bien l'argile, le reflet ou le ruisseau ?
La triste danse du temps qui va et ne revient
Epouse l'inévitable amertume du mot Fin.
La valse s'invite, tourne, tourne et tourne encore,
La valse s'invite, usant, brisant la beauté des corps.
La valse s'invite et sa musique joue bien trop fort,
La vie perdue devient soudain un désaccord.
Seul, gisant dans la mare de draps trop moites,
Le corps geôlier ouvre une dernière fois la boite.
En suspension dans l'air, cette idée fulgurante,
Vivre, vivre, chaque heure unique et importante.
En suspension dans l'air, cette unique certitude,
Qu'importe au fond d'être le peintre ou le décor.
Si dans tes yeux brille encore l'intime similitude
De notre amour si fort, qu'importe alors la mort.