Souffrance

Bleu, bleu, bleu…
Mon corps tordu en bleu se peint.
Sang rependu devient carmin.
Mes enfants pleurent loin, si loin,
Un œil fermé je n’y vois rien.
Bleu, bleu, bleu…
Des ombres s’agitent autour, des voix,
Pourquoi sont ils venus chez moi ?
Fermez la porte pitié, j’ai froid !
Je veux parler mais ne peux pas.
Bleu, bleu, bleu…
Sourde douleur qui va qui vient,
J’ai suppliée, tenté en vain,
D’éviter ses pieds, ses poings,
Mais la haine n’a pas de frein.
Bleu, bleu, bleu…
L’amour est bleu quand il s’égare,
Dans la lueur des gyrophares,
Quand l’homme aimé devient barbare,
Reste la peur en cauchemars.
Bleu, bleu, bleu…
Me voila nue, fleur biscornue,
Une dernière fois toute revêtue,
Triste costume, trop méconnu,
Celui trop cru des femmes battues.
Bleu, bleu, bleu…
Vivre, survivre est fastidieux,
Le mal infect et injurieux,
Quitte mon corps si disgracieux.
Le bleu s’éteins, le blanc enfin…