Ténèbres
Et l'ombre se pose sur la ville
Et l'homme part en chasse, en chasse aux ténèbres.
A l'aide de ses maigres armes lumineuses, il se démène en tous sens,
bête apeurée par la noirceur de son âme qui lui dessine d'infâmes monstres
tapis dans les recoins poussiéreux de son esprit.
Nous sommes lumière, nous sommes énergie crie t-il...
La profondeur de la nuit le terrorise...
Réfugié sous la glauque lueur d'un froid réverbère, il tire en tous
sens ses balles traçantes, blessant la nuit, perçant son sombre manteau
d'insignifiantes plaies suintant de lumière trop vite tarie.
Ses munitions épuisées, il reste là, recroquevillé sous l'infect halo,
tremblant, attendant, espérant que le jour se lève enfin,
que l'astre solaire vienne enfin réchauffer ses os glacés.
Mais lorsque le soleil rase enfin les toits de la ville, lorsque la liquide
et dorée chaleur se déverse dans les rues bétonnées de la grise cité,
il ne le voit pas, non.
Recroquevillé, le dos posé contre le verdâtre fanal, son fusil
à lumen serré contre le torse, il dort.
Il dort, épuisé, anéanti par son combat nocturne,
inconscient que lentement, insidieusement, la nuit approche à nouveau.
Inconscient que le jour décline et que bientôt, bientôt, dans l'obscurité,
les ombres de ses peurs modèleront les noirs dragons de son coeur.
Alors recommencera pour lui le combat, le combat millénaire de la
lumière et de l'obscurité, de Sa lumière et de Sa noirceur.
Lequel sera vainqueur...