La porte
La porte était vieille, à double battants et vermoulue.
Pourtant, lorsque je posais mes doigts tremblants sur le bois rugueux
un frisson glacé me parcourut.
Je sentais sous la surface figée, onduler la conscience de quelque chose
de très vieux.
Aussitot j'otais ma main, mais l'impression persista.
Pourquoi suis-je ici ? demandais-je tout haut, et mes mots
ricochèrent dans l'air tiède avant de disparaitre, aspirés par un silence
ouaté, ne laissant que quelques ronds concentriques à la surface
de mon angoisse.
Car en vérité, à ce moment précis, je n'avais aucune idée
d'ou je me trouvais, pas plus d'ailleurs que pourquoi j'y étais !
Comment étais-je arrivé là ? Mystère.
Je jetais un coup d'oeil nerveux autour de moi, rien !
Rien !!
Seulement le vide.
Et cette désagréable sensation d'ascenceur qui descend vite,
très vite, trop vite...
Je ferme les yeux et puis...rien !! encore, mais l'ascenceur, stoppé,
ne me donnais plus de haut le coeur.
A nouveau je posais mon regard sur la porte.
Que faire? Que faire d'autre ?
Que faire ?
Derrière le néant, devant une porte !!
Si c'est un rêve pensais-je je ne risque rien à l'ouvrir...
Oui, mais si ce n'en est pas un ? répondit sournoisement la partie
opposée de mon cerveau.
Le coeur tambourinant, le sang pulsant douloureusement dans mes tempes
je m'avancais vers les vieux battants.
D'une impulsive pichenette, je poussais la porte et...