Je volais

Je volais,
Je volais au dessus du monde,
Au dessus de toutes les douleurs et de tous les drames,
Juste porté par les ailes de ton amour,
Par la force de tes sentiments….
Le ciel était bleu, d’un bleu magique,
D’un bleu qui colmate les brèches de l’âme,
D’un bleu qui change la triste lassitude quotidienne
En un voyage onirique, merveilleux et impossible.
Pas un seul jour, pas une seule petite heure,
Pas la moindre seconde de dure réalité
Pendant tout ce temps auprès de toi.
Seulement du bleu, du bleu, celui de ton rire,
Celui de tes yeux qui pétillent, celui brulant de tes lèvres,
Le bleu de ta main dans la mienne,
De ta peau tremblante contre moi.
Faut-il donc que je te dise merci, merci
Pour ce voyage au pays de ton cœur,
Merci pour avoir rempli le mien d’autant de douceur.
Pour la tendresse et l’amour que tu as déposé
Sur mes vieilles plaies ?
Alors oui ! Merci, merci pour tout ça
Et aussi pour le reste, merci de ce que tu es.
Merci pour avoir compris toute les faiblesses
Et toutes les forces qui bouillonnent en moi.
Pour avoir su les aimer et les faire grandir.
Je volais, je volais,
Je volais mais je ne vole plus…
Maintenant,
Tu as repris les ailes si légères, si blanches,
Tu as repris les ailes et tu es partie.
Comme ça un matin, sans crier gare,
Je me suis réveillé avec un gout étrange
Dans la gorge.
Une douleur atroce dans le dos,
Ou ne restait que les moignons ensanglantés
De ces ailes que je croyais éternelles.
Et je suis resté la, les mains ouvertes,
Le cœur pillé, ravagé, saignant de toutes parts.
Et je suis resté la, incapable de bouger,
Incapable de m’envoler, mêlant mes larmes
A mon insondable chagrin.
A quoi rime l’amour si on peut l’ôter et l’offrir à volonté ?
A quoi sert d’offrir des ailes que l’on peut arracher. ?
A quoi sert d’aimer si l’on ne l’es pas en retour ?
Petit homme aptère, comment retrouver le chemin du ciel ?
Comment se hisser à nouveau aussi haut,
Se fondre dans le bleu pansement du cœur et de l’âme ?
Comment arrêter la souffrance de ces ailes tronquées ?
Comment cesser de saigner pour toi ?
Je ne sais…
Maintenant,
Je ne vole plus, je ne vole plus…
Je rampe comme des millions d’autres fourmis,
Avec le relent horrible de ce sublime voyage dans tes nues.
Je rampe et le souvenir de mes envols est mille fois
Plus douloureux encore.
Mais je cherche, je cherche !!!
Oh oui, je cherche.
Je cherche la fenêtre de ton cœur,
La fenêtre de ton âme, celle par laquelle
J’ai aperçu le bleu firmament pour la première fois.
Je la cherche et je la trouverai !
Et ce jour la, mes ailes repousseront,
Plus belles, plus immaculées encore.
Je te le promets !
Dans une aura éblouissante, elles
Repousseront plus grandes, plus douces,
Plus fortes encore.
D’un battement,
Baignées dans la douceur de ton regard,
Elles m’envoleront vers cet azur que tu m’as montré,
Vers cet azur que tu aurais du me laisser.
Cet azur que je croyais à moi pour toujours,
Comme un solide pilier sur lequel je pouvais
Appuyer mes terreurs et mes angoisses.
Elles m’envoleront et,
Ce jour là, pas de rancœur contre toi,
Non, pas de rancœur, ni de colère,
Non plus de reproches ou de tristesses, non,
Rien que de l’amour.
De l’amour bleu, transparent et limpide,
Clair comme le cristal, comme ce vent sous mes ailes.
De l’amour comme une évidence.
Ou chacune de nos larmes sera un diamant,
Un nouvel arbre, une nouvelle vie, un nouvel
Instant d’éternité.
Ce jour la,
On volera, on volera toi et moi,
Au dessus de toutes les douleurs et de tous les drames,
Juste portés par les ailes de notre amour,
Par la force de nos sentiments….
Ce jour la, toi et moi, tu verras……