Guerre

Les champs à perte de vue, couverts de brume,
Un jour se lève sur mon sombre destin.
Je vois au loin des feux qui s’allument,
Dans quelques heures viendra le festin.
Le pas lourd des chevaux de guerre,
Vient soulever le voile nocturne,
Les hommes trépignent, les voix sont fières,
Prêts à affronter leur infortune.
Le baiser glacé de la lame sur la chair,
Immonde bouche qui palpite
Comme un instant dans la lumière
Sentir la vie qui vous quitte
La hampe emplumée dans la poitrine,
Fleur de sang étrange éclosion,
C’est la mort qui vous butine,
Et vous appelle de sa passion.
Frapper plus fort, plus vite,
Oublier jusqu’à l’être humain,
Ne voir dans l’ombre qu’on décapite,
Que la survivance du lendemain.
Telle est la guerre, vide et irréelle,
Amas tordu de corps violés,
Seule la mort de ses noires ailes
Trouve son compte dans les charniers.
Et peut être aussi tous les grands,
Qui peuvent sans remord patauger,
Dans le sang répandu de nos enfants,
Pour quelques profits bien engrangés.